28 juillet 2010

Ailleurs

 

"L'obsession  de l'ailleurs c'est l'impossibilité  de l'instant ; et cette impossibilité est la nostalgie même."

Cioran, Précis de décomposition

 

 

Flambé (Iphiclides podalirius) sur une fleur de budléia

flambé iphiclides podalirius photo papillon ain

 

 

Cuivré de la verge d'or (Heodes virgaureae)

photo papillon cuivré de la verge d'or heodes virgaureae

 

 

 

10:50 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (1) | Tags : ain, papillon, faune, citation, cioran | |

08 juin 2010

âmes de printemps, printemps des âmes

 

 

     "Le propre des arts visuels n'est pas de gloser mais de travailler sur la puissance évocatrice des formes, de les porter à un tel niveau d'intensité, à un tel degré d'incandescence, qu'on perçoit soudain l'œuvre traversée par une impalpable présence, au-delà d'elle-même. Présence que l'on serait bien en peine d'expliquer, aussi spirituelle et aussi charnelle en son acmé que l'amour fou. En nous conduisant vers l'essentiel, vers ce meilleur de nous-mêmes par l'approche du cœur de l'Etre contre le consumérisme des dévots de l'Avoir, les œuvres d'art traversent notre époque tiède et blasée avec cette irréductible aura de mystère qui donne le frisson et l'espoir, qui soulève les belles colères ou éveille plaisir et passion."


Xavier Zimbardo

 

 

Loin de moi la prétention d'illustrer un texte aussi exigeant! Atteindre à l'incandescence...

Alors plutôt, quelques papillons, âmes folâtres du printemps.

 

Azuré du trèfle (Everes argiades)

Azuré du trèfle (Everes argiades)

 

Gazé (Aporia crataegi) posé sur une nielle des blés

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Mélitée du mélampyre (Mellicta athalia)

Mélitée du mélampyre (Mellicta athalia)

 

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Azuré du trèfle (Everes argiades) sur une fleur de trèfle

Azuré du trèfle (Everes argiades) sur une fleur de trèfle

 

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Azuré des nerpuns (Celastrina argiolus) sur une pimprenelle fanée

Azure des nerpuns (Celastrina argiolus) sur une pimprenelle fanee

 

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Moiré des fétuques (Erebia meolans) sur un bouton d'or

Moiré des fétuques (Erebia meolans) sur un bouton d'or

 

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Cantharide fauve (Rhagonycha fulva) sur un épi d'orge

Cantharide fauve (Rhagonycha fulva) sur un epi d'orge

22:16 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (3) | Tags : papillon, citation, insecte, faune, flore | |

03 mai 2010

La quête

Les cigales vont mourir
Mais leur cri
n'en dit rien...

                           Matsuo Bashô

 

Escargot et arôme

Escargot et arôme photo noir et blanc

13:06 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (1) | Tags : haiku, citation, noir et blanc, faune, escargot, macro, flore | |

28 avril 2010

Araignées

 

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Discrète

Oui, c'est bien moi. Vous avez cru me voir un soir sur le plafond, dans le coin au-dessus de l'armoire, là où on ne distingue plus très bien le papier un peu décollé et l'ombre. Et puis, vous vous êtes dit non, c'est seulement un peu de lumière et vous vous êtes remis à lire... Eh bien, vous vous trompiez. C'était moi; j'étais là mais je n'ai rien dit, je n'ai pas bougé pour ne pas m'imposer. Je suis discrète, très discrète. Je suis Discrète, l'araignée perceuse de brumes. Je suis un peu timide et je prends toujours mon temps pour lier connaissance. J'attends, dans mon coin, que vous ayez envie de faire amitié. Il arrive que cela prenne des années, des dizaines d'années parfois. Il y a des gens, on dirait qu'ils font exprès de ne pas croire que je suis sur le mur, en face d'eux, près du plafond. Mais c'est normal après tout; je pense que nous, les araignées, nous avons mauvaise réputation. C'est difficile de lutter contre les on-dit. Alors je n'insiste pas. J'attends et je me fais discrète. D'où mon nom, Discrète, l'araignée perceuse de brumes. Oh! c'est bien simple; il suffit de faire connaissance pour comprendre. Heureusement cela arrive malgré ma discrétion et votre timidité. Perceuse de brumes... Les brumes dans lesquelles, certains soirs, vous vous perdez; dans lesquelles vous cherchez vainement un chemin, une réponse, une solution, le fil qui conduit à la bonne issue. Dans ces moments particuliers qui vous envahissent, vous avez l'impression que vous n'arriverez jamais à sortir de cette fumée, de ce brouillard. Vous adorez la musique mais, aujourd'hui, impossible de jouer ce nouveau morceau que vous aimez tant, pourtant. Ou bien, vous êtes passionné de montage, de mécanique, de transistors, résistances, et pourtant, ce schéma que vous venez d'acquérir, rien, vous n'y comprenez rien. Alors, le doute vous submerge, vous doutez de tout, de vous surtout. Vous êtes dans la brume, toutes vos idées sont emmêlées comme une pelote de fils qui semblent se réjouir à faire des noeuds! C'est là que je descends de mon plafond, tout doucement, discrète, très discrète. Vous ne voyez pas le réseau de fils invisibles qui vous emprisonnent. Mais moi, je les vois... Les fils, pour une araignée, c'est un jeu d'enfant! Alors, délicatement, je me pose sur vos cheveux; vous ne sentez qu'une légère caresse, et, je démêle... Je démêle vos pensées, je dénoue les noeuds, je tresse les bonnes solutions. Et puis, discrète, je m'en vais, je remonte à ma place, dans le coin près du plafond, et puis j'attends. J'attends les prochaines brumes, j'attends que vous m'appeliez, car je suis discrète, Discrète, perceuse de brumes, je ne voudrais pas m'imposer...

Alain Calonne, Les Compères du poisson gris

 

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15:07 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (0) | Tags : araignee, texte, faune, macro | |

12 avril 2010

L'âge de la lune


"L'âge de la lune?

Je dirais treize ans -

à peu près."

 

Kobayashi Issa

 

kobayashi issa lune

21:49 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (0) | Tags : haiku, citation, noir et blanc, faune, escargot | |

09 avril 2010

Chacun ses joies...

 

"Marche comme ton coeur te mène et selon le regard de tes yeux."

Ecclésiaste, XI, 9

 

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21:51 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (0) | Tags : bible, citation, faune, escargot, macro | |

27 mars 2010

Cache-cache


"La racine de ce qui nous éblouit est dans nos coeurs."

Ponge, "Le soleil", Pièces

 

 

ecureuil photographie

 

07:30 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (1) | Tags : citation, faune, ecureuil | |

23 mars 2010

Méduse et la naissance des reptiles

 

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     Après cette débauche de couleurs, une débauche de mots: un extrait du poème de Lucain, La Pharsale, une épopée latine du Ier siècle après J.-C. Ce passage évoque l'origine mythique des serpents sur la terre: ils seraient nés du sang de la tête de Méduse, décapitée par le héros Persée...

     Le poème de Lucain est souvent qualifié de décadent; il se caractérise à coup sûr par sa préciosité, et n'est que peu lu aujourd'hui, si ce n'est par les spécialistes du genre.

     Lucain écrivait à l'époque de Néron, l'empereur artiste et sanguinaire, et la centaine de vers qui suit a un goût de cruauté et de raffinement qui correspond bien à cette époque troublée.

 

     Aux derniers confins de la Libye, là où la terre brûlante reçoit l’Océan bouillonnant sous les feux du soleil couchant, s’étalaient les terres incultes de Méduse, fille de Phorcys. Nulle toison de feuillages ne les recouvrait, elles n’étaient pas attendries par la charrue, mais hérissées de roches nées du regard de leur souveraine. C’est d’abord dans la chair de celle-ci que la nature malfaisante instilla de violents poisons  ; surgis de sa gorge, des serpents dardaient leur langue vibrante avec des sifflements stridents, se répandaient en ondoyant sur ses épaules à la manière d’une chevelure de femme, fouettant le cou de Méduse alors ravie; sur son front des couleuvres se dressaient toutes droites, et sous le peigne s’écoulait de cette chevelure un poison vipérin. Méduse a ceci de sinistre que tous peuvent la regarder impunément ; car qui a jamais eu le temps de sentir l’épouvante devant la gueule et la face du monstre ? A qui, de ceux qui la regardent en face, Méduse laisse-t-elle le temps de redouter la mort ? Elle arrache la vie hésitante, précipite le destin et devance la crainte ; l’âme reste prisonnière des membres morts, les mânes paralysées sont retenues sous les os pétrifiés. La chevelure des Euménides n’engendre que la folie ; les stridents aboiements de Cerbère, le chant d’Orphée a pu les adoucir, et le fils d’Amphitryon put voir l’Hydre au moment de la vaincre ; mais ce monstre, lui, a terrifié son père Phorcys, seconde divinité des eaux, sa mère Céto et ses propres sœurs les Gorgones ; il a pu menacer ciel et terre d’une paralysie étrange, menacer de pétrifier le monde entier. Les oiseaux, brutalement alourdis, tombèrent du ciel ; les bêtes sauvages se figèrent dans la roche, et les peuplades voisines d’Ethiopie prirent la rigidité de figures de marbre. Aucun être vivant ne soutient son regard, même les serpents de sa tête se détournent de la face de la Gorgone. C’est elle qui changea en roc le titan Atlas qui supporte les Colonnes d’Hespérie ; et quand le ciel jadis était sous la menace des Géants se dressant sur leurs jambes à l’aspect de serpents phlégréens, c’est elle, la Gorgone, placée au centre de l’égide de Pallas, qui les changea en montagnes et mit fin à leur guerre formidable avec les dieux.

     Lorsque le fils de Danaé né d’une pluie d’or, Persée, porté en ce lieu par les ailes parrhasiennes de l’Arcadien, inventeur de la cithare et de la palestre où coule l’huile, s’éleva soudain dans les airs, emportant dans son vol rapide le cimeterre crochu du Cyllène, rouge déjà du sang d’un autre monstre, la chaste Pallas vint en aide à son frère ailé contre la promesse de la tête du monstre : elle ordonna à Persée , parvenu aux confins de la Libye, de se tourner vers le lever de Phébus, et de ne traverser le royaume de la Gorgone que le visage détourné ; elle mit dans sa main gauche un bouclier brillant de l’éclat fauve du bronze, dans le reflet duquel elle lui ordonna de regarder Méduse la pétrifiante. Mais le sommeil qui la livrerait au repos éternel de la mort ne l’envahit pas tout entière : une grande partie de sa chevelure veille, des serpents se dressent pour défendre sa tête, les autres pendent voilant son visage et ses yeux enténébrés. Pallas guide elle-même le héros qui frémit, sa main droite dirige le cimeterre de Cyllène qui tremble au bras de Persée dont le visage est détourné, et tranche la tête à la naissance du large cou plein de couleuvres. Quelles physionomies prit alors la tête de la Gorgone frappée par l’arme crochue ! J’imagine tout le venin qu’elle vomit, toutes les morts que ses yeux répandirent ! Même Pallas ne put regarder, et le visage de Persée détourné se fût glacé, si la Tritonienne n’avait étalé l’épaisse chevelure et masqué de couleuvres les yeux.

     Alors le vainqueur ailé s’enfuit dans les airs en emportant la Gorgone ; il songeait à abréger sa route et eût fendu l’air au plus court en survolant les villes d’Europe, mais Pallas lui ordonna de ne pas causer de dommages aux terres fertiles et d’épargner les peuples. Car qui n’eût levé les yeux au passage d’un tel être ailé ? Il se règle alors sur le zéphyr, et survole la Libye, terre où rien ne pousse, abandonnée aux astres et à Phébus ; le soleil en son cours darde ses rayons sur elle et calcine son sol ; nulle part la nuit n’envahit aussi haut le ciel, éclipsant la lune quand cet astre, oubliant les chemins obliques, va droit parmi les constellations, sans allonger son ombre, sans s’incliner davantage vers Borée ou Notus.

     Pourtant, cette terre stérile, ces guérets où rien de bon ne croît, absorbent la sanie empoisonnée dégouttant de Méduse, la terrible rosée d’un sang monstrueux, que la chaleur avive et cuit dans le sable pulvérulent. Alors la corruption fait lever de la poussière l’aspic somnifère, le premier à sortir du sable sa tête au cou gonflé. Le sang qui le forma est plus riche que pour aucun autre serpent, plus épaisse la goutte de venin tombée du monstre. Le poison en lui est plus concentré qu’en nul autre. Avide de chaleur, il ne migre pas naturellement vers les régions froides, il ne s’aventure pas au-delà des sables du Nil. […] Puis voilà que déroule ses anneaux écailleux celui qui ne laissera pas une goutte de sang à ses malheureuses victimes, l’hémorrhoïs démesuré; puis voilà le chersydre, que sa nature destinait à habiter les plaines équivoques des Syrtes, puis ce sont les chélydres, qui laissent sur leur passage une traînée fumante, et le cenchris qui glisse toujours de manière rectiligne ; ce serpent a le ventre moucheté de couleurs plus diverses que l’ophite thébain. Naissent encore l’ammodyte que sa couleur ne distingue pas des sables brûlés, les cérastes dont la corne se tord en une course indécise, la scytale, seule à muer, au temps des premiers frimas, la brûlante dipsade, la lourde amphisbène que déséquilibre sa double tête, le natrix qui contamine les eaux, les jaculus ailés, le pareas, qui se contente de labourer ses traces de sa queue, le prester dont la gueule fumante est béante d’avidité, le seps délétère qui dissout les os avec les chairs, celui enfin qui terrifie tous les autres monstres de ses stridulations, qui tue avant d’empoisonner et fait fuir au loin les autres, le basilic, roi des sables déserts. Vous aussi, puissances inoffensives, serpents qui rampez sur toutes les terres, dragons dont la robe a l’éclat de l’or, la brûlante Afrique vous rend venimeux : fendant les hauteurs de vos ailes, à la poursuite de troupeaux entiers, vous brisez dans vos anneaux des taureaux monstrueux ; même l’éléphant, malgré sa taille, n’est pas à l’abri. Vous décimez toutes les créatures, et n’avez nul besoin de poison pour semer la mort.

(Extrait du chant IX, vv. 624-733, traduit par mes soins)

14:21 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (0) | Tags : reptiles, citation, texte, faune, lucain | |

06 mars 2010

Un écureuil familier...

Festina lente! Hâte-toi lentement!

Marc-Aurèle, Pensées

 

J'ai bien peu temps ces jours-ci pour prendre des photos...

Tout de même, en voici une, en attendant mieux: du noir et blanc, parce que j'ai pris la photo au flash dans un buisson (de bambous), et que le pelage de cet écureuil n'était plus très ressemblant...

J'ai passé un long moment avec lui et il est venu me voir plusieurs fois: j'étais assis juste à côté de la réserve de noix qu'il s'était creusée sous les feuilles!

 

ecureuil noir et blanc

17:41 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (2) | Tags : lyon, citation, noir et blanc, faune, ecureuil | |

09 février 2010

" Dans mon pays, on remercie."

... comme écrivait René Char dans un poème du recueil Matinaux.

Merci à tous ceux qui ont pris le temps de m'écrire des commentaires, et toutes mes excuses pour le retard dans leur publication: tous les messages en provenance de Skynet étaient directement envoyés dans le dossier "spam" de ma messagerie...

Mais au fond, cela m'a fait d'autant plus plaisir que j'en ai découvert une quinzaine d'un coup, dont beaucoup sont laudatifs!

Merci encore... Je prendrai dans les jours qui viennent le temps de répondre à chacun individuellement.

 

photo escargot

13:51 Écrit par Nathan dans Bestiaire | Commentaires (0) | Tags : texte, faune, escargot | |